Un spectacle de la Compagnie Pantcha Indra
Durée : 50 minutes
Tout public
4 artistes sur plateau :
Christophe Moure : compositeur, musicien, marionnettiste.
Kadek Puspasari : chorégraphe, danseuse, musicienne.
Laetitia Schneider : musicienne.
Audran Le Guillou : chorégraphe, artiste martial, musicien.
Une création pluridimensionnelle
Silat Gong est une création hybride mêlant gamelan, danse, théâtre d’ombres indonésien et silat malais. Le projet s’inscrit dans les formes contemporaines interculturelles à forte dimension visuelle et musicale.
Le projet réunit les dimensions artistiques et sportives : le gamelan javanais (ensemble instrumental), le wayang kulit (théâtre d’ombres indonésien), les danses javanaises issues du répertoire guerrier ainsi que le silat, art martial de Malaisie. Le gamelan y est omniprésent et en appui aussi bien à la danse qu’au silat et au wayang kulit.
La danseuse et le pesilat (pratiquant de silat), investissent la scène en solo ou en duo, confrontant puis mêlant leurs disciplines et les rencontres performatives corporelles. Le dhalang, musicien et maître marionnettiste, apporte une autre dimension d’expression visuelle par la manipulation de ses marionnettes. Ces différentes dimensions valorisent la richesse des cultures malaisienne et indonésienne.
Le nom Silat Gong a été inspiré par l’idée d’expression corporelle au travers de l’art martial et des danses guerrières et celle du gong, instrument fondamental du gamelan marquant le début et la fin des cycles musicaux mais également symbole d’unité par sa forme circulaire.
Un spectacle en quatre tableaux
Persembahan (présentation) : la danse et de l’art martial présentent leurs univers respectifs. D’abord le silat avec ses combinaisons de coups (jurus) puis la danse avec sa gestuelle raffinée (halus), avant d’inverser le tableau : le pesilat montre qu’il est capable d’utiliser une gestuelle souple (bunga), puis la danseuse qu’elle maîtrise un répertoire de mouvements guerriers (gagah).
Perangan (confrontation) : au travers du théâtre d’ombres, le silat et la danse se confrontent lors de combats acrobatiques.
Persilangan (mélange) : la danseuse et le pesilat cessent leur combat et commencent à s’intéresser à l’univers de l’autre et découvrent dans leurs pratiques respectives des principes similaires.
Silat Gong : la danse et le silat ne cherchent plus à se confronter mais s’harmonisent avant de s’unir en une seule et unique forme.
Gamelan
Le gamelan est un ensemble instrumental traditionnel indonésien caractéristique des musiques javanaise, sundanaise et balinaise. Il est inscrit sur la liste du patrimoine immatériel et culturel de l’UNESCO depuis 2021.
Il est composé essentiellement de claviers mélodiques en bronze, en métal ou en bambou. Ces instruments sont de taille et de tessiture différentes allant d’instruments imposants et graves (gong ageng) à des instruments petits et aigus (saron pekin). D’autres éléments peuvent s’ajouter comme des instruments à cordes pincées tel le siter (cithare), à vent tel le suling (flûte en bambou) et le chant — féminin et masculin.
Lorsque le gamelan accompagne une danse, un dialogue s'installe entre le joueur de tambour et la danseuse ou le danseur. À ce moment-là, c'est plutôt la danseuse (ou le danseur) qui devient “chef d'orchestre”. Il en va de même lorsque le gamelan accompagne un wayang kulit, c’est alors le marionnetiste qui dirige la forme musicale.
Le gamelan utilisé dans le spectacle Silat Gong est un gamelan issu de la ville de Solo à Java Centre. Il se caractérise par une double identité avec deux échelles de notes différentes. La première, l’échelle slendro, est pentatonique (5 notes) et la seconde, l’échelle pelog, est heptatonique (7 notes). Les deux échelles sont habituellement utilisées l’une après l’autre dans le cadre d’un wayang kulit, chacune étant associée à une temporalité précise de la narration contée par le dhalang.
Pour cette création, Christophe Moure a composé certaines pièces en utilisant tour à tour ces deux échelles qui, à l’instar de la danse et du silat, se découvrent, se confrontent puis s’unissent, proposant un univers sonore unique.
Silat
Silat est le terme vernaculaire désignant l’ensemble des arts de combat qui se sont développés dans tout l’archipel malais. Il est inscrit sur la liste du patrimoine immatériel et culturel de l’UNESCO depuis 2019.
C’est l’un de ces arts de combat, le seni gayung fatani, qui a été intégré à la création Silat Gong. Il se divise en trois parties : l’art, l’auto-défense et la spiritualité. Le côté artistique est rendu par une musique et une gestuelle de défense esthétique et lente : le bunga (litt. “fleur”).
L’aspect défensif, le buah (litt. “fruit”) se retrouve dans les techniques de frappe et de réception des coups adverses. Symboliquement, le fruit vient de la fleur. Ainsi, la gestuelle défensive (buah) est en rapport direct avec la gestuelle artistique (bunga) dont la signification et les symboles sont plus abstraits.
Enfin, la spiritualité appartient à un domaine plus théorique avec un autre type d’expériences et de connaissances (la confection des armes, la pratique musicale, etc.) qui aide la personne à renforcer son silat.
Dans Silat Gong, l’art martial malaisien confronte d’abord le bunga et le buah aux styles halus et gagah de la danse indonésienne pour finalement unifier ces aspects similaires.
Danse
Il existe plusieurs formes traditionnelles de danses indonésiennes qui sont liées à différentes circonstances :
Rites liés à la vie de la communauté villageoise dans ses rapports avec le monde alentour, notamment ceux qui touchent à la fertilité du sol, aux moissons, à la protection contre les catastrophes.
Cérémonies marquant la vie sociale de l'individu ou les liens entre les membres de la communauté, comme le mariage et autres étapes de la vie, ou ceux de la communauté avec le monde extérieur, comme les danses de bienvenue.
Cérémonies religieuses et rituels de magie. Protocole des cours royales et princières d'Indonésie.
Les formes modernes relèvent plutôt du domaine festif et récréatif.
Silat Gong explore deux styles de danses : halus (raffiné) et gagah (guerrier) qui viennent d’abord se confronter puis se mélanger à la gestuelle du silat pour s’unir en une seule forme hybride unique.
Wayang Kulit
Le wayang kulit est la forme la plus répandue du théâtre d'ombres en Indonésie, ainsi que la plus connue à l'étranger. Depuis 2008, le wayang kulit est inscrit sur la liste du patrimoine immatériel et culturel de l’UNESCO.
Développé à Java, les marionnettes de wayang kulit sont confectionnées en cuir de buffle finement ciselé et peint, et maintenues par une tige de corne, de bois ou de bambou. Manipulées par un musicien-narrateur-conteur (dhalang) derrière un écran de toile (kelir) éclairé par une lampe, elles évoluent au son d’un gamelan placé derrière le dhalang.
Les récits de ce théâtre reprennent pour l’essentiel les épopées indiennes (Ramayana, Mahabharata), auxquelles s’ajoutent dans le répertoire javanais le Cycle de Panji, prince de royaume de Java Est, ou encore les récits de l'époque de Majapahit.
Silat Gong propose un dialogue entre les mouvements chorégraphiques et corporels de la danse et du silat avec les formes gestiques et plastiques des marionnettes : danseuse, pesilat et personnages en cuir traversent les mondes d’ombre et de lumière de la scène à travers un périple initiatique où différences et similitudes kinésiques mènent d’abord au combat puis enfin à l’unité.
Un projet également pédagogique
En complément de la représentation, nous pouvons organiser des ateliers de découverte ou d’initiation aux différentes pratiques mises en avant dans notre création :
La danse indonésienne avec Kadek Puspasari,
Le gamelan javanais avec Christophe Moure et Laetitia Schneider,
Le silat de Malaisie avec Audran Le Guillou,
Le wayang kulit avec Christophe Moure.
Les ateliers d’initiation (entre 1h et 2h selon les domaines) permettent l’expérimentation par la pratique des bases de chacune de ces disciplines.
Les ateliers de découverte, plus théoriques, ouvrent quant à eux la possibilité d’accéder à des clefs de compréhension de chacun des domaines ci-dessus.


